James Petras : "C'est aujourd'hui une honte de se réunir avec Bush"
Il y a quelques jours, je parlais de la nouvelle tournée sud-américaine de Georges Bush. Pendant ce temps, le journal de droite "El Comercio" a annoncé que l'éternel Hugo Chavez voulait "saboter" la dite-tournée à travers des manifestations. Le président vénézuélien a simplement rétorqué qu'il voulait s'opposer à la venue de cet homme qui est tellement haï aux Etats-Unis qu'il doit donner ses conférences à huis clos, et avec des participants pré-sélectionnés.
Cette dernière information est donnée par l'analyste et sociologue américain James Petras dans une interview CX36 Radio Centenario, station uruguayenne alternative. Pour ceux qui ne connaissent pas Petras, il faut savoir que c'est un grand spécialiste de l'Amérique Latine, comme Ignacio Ramonet et Maurice Lemoine du Monde Diplomatique. Il a parcouru et continue de le faire en aidant notamment le Mouvement des Sans Terre au Brésil, catalogué par l'élite brésilienne comme étant des "terroristes analphabètes". James Petras n'a jamais fait une seule concession aux gouvernements dits "progressistes" du MercoSur tels le Brésil, l'Argentine, et l'Uruguay. Le ton qu'il adopte par rapport au Vénézuéla est évidemment différent et il a ces derniers temps exprimé sa joie pour la réélection de Hugo Chavez, mais aussi son espoir pour la décision du peuple equatorien d'avoir choisi Rafael Correa. Son analyse est donc pertinente et éclairée pour un homme qui sillonne ce continent à la manière d'un pèlerin du socialisme.
Je ferai ici-même un résumé-traduction de cette interview que l'on peut trouver en entier ici.
Au moment de l'interview, James Petras se trouve à Puerto Rico, cette terre latine mais colonisée par les Etats-Unis à tel point qu'il a fallu des années pour que Jenifer Lopez (la puerto ricaine) se mette à vouloir faire du fric avec sa langue première, elle qui préfère s'exprimer en anglais pour se faire une place dans ce monde. Puerto Rico est donc toujours sous l'emprise des Etats-Unis, transformée en vraie base militaire, avec évidemment des militants populaires régulièrement assassinés.
L'interview continue aussi sur les derniers évènements sociaux et économiques rencontrés en Chine (la chute boursière) mais aussi le licenciement de milliers de travailleurs chez Airbus. Petras commente que tous ces évènements ne sont que le reflet de l'économie actuelle et que le modèle exportateur ne peut que provoquer une onde de choc en Amérique Latine. "Quand il y a un rhume en Europe, l'Amérique Latine souffre d'une pneumonie", ajoute-t-il.
La partie la plus importante vient quand Petras aborde cette fameuse tournée en Amérique Latine où les dirigeants uruguayens du Frente Amplio cirreront les pompes à une personne qui est responsable d'un génocide en Irak et qui pourrait commettre la folie d'attaquer l'Iran. Cela est tellement incroyable de remarquer de voir que Bush est de plus en plus détesté aux Etats-Unis et qu'il éprouve le besoin de recevoir un soutien externe de la part de pays dits progressistes. Cette stratégie lui permet de dire : "Vous voyez ! Je reçois un appui de gouvernement de gauche". Il apparaît que cette stratégie a l'air de convaincre certaines personnes. Les hypocrites de "El Comercio" écrivent parfois des articles critiques sur la guerre en Irak et la politique de Bush au Proche-Orient, mais il ne passe pas 2 jours sans que Chavez soit insulté dans la presse conservatrice de Lima, lui qui n'a jamais tué personne et utilise le pétrole pour créer un monde plus juste, au contraire de Bush qui l'utilise pour asseoir son pouvoir et garder son tas de fric puant. Une autre différence est que le président vénézuélien viendra en Argentine pour s'opposer à Bush, mais dans un stade à l'air libre, pas à huis clos, et avec les ovations de milliers de latino-américains. Pendant ce temps, Bush se réunira avec Astori, le ministre uruguayen du Commerce Extérieur, pionnier du traité de libre-échange avec les Etats-Unis, surnommé par la gauche radicale locale comme étant le "Yes Man", celui qui dit "OUI" à toutes les propositions du gouvernement des Etats-Unis. Petras conclut en disant que c'est une honte de voir des gouvernements qui se déclarent proches des gens pactiser ainsi avec un homme haï dans le monde entier.
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