La négation de la réalité
Voici la traduction du dernier billet du blog Peruanista qui résume très bien la situation ici actuellement au Pérou. Je suis surpris de ne voir rien là-dessus dans la presse européenne. Au lieu de cela, le journal belge La Libre Belgique préfère parler de ceci.
Ce qu'il se passe au Pérou.
J'ai lu et entendu les autorités et les différents médias péruviens sur les récents évènements qui se déroulement actuellement au Pérou. Ils accusent les profs, ouvriers, mineurs et agriculteurs de violence. Selon le journal "El Comercio", ces gens seraient "contre le pays". D'autres médias accusent les professeurs d'être terroristes, communistes et responsables d'actes de vandalisme. A la TV, on annonce la mort de policiers à cause des manifestants. Alan Garcia et ses ministres expriment leur rejet de ces grèves et du chaos généralisé. Certains politiciens expriment aussi que ces évènements affectent le tourisme. D'autres essaient de mettre en relation ces mouvements avec ceux des années 80 et 90.
Il s'agit donc de discréditer le mouvement par tous les moyens, et souvent ceux-ci sont dégoûtants.
Il est difficile de déchiffrer ce qu'il se passe actuellement au Pérou, mais une chose est claire : la majorité des Péruviens veulent plus et ne sont pas contents de la situation actuelle. Il est aussi clair qu'il existe 2 camps dans cette crise séparés par leurs intérêts et leur composante raciale. Pendant que dans la partie pauvre, les indigènes et la population noire réclament plus de droits sociaux, civiques et plus de respect des règlements du travail, d'autres personnes les répriment avec arrogance et mépris. La négation de la réalité s'exprime dans les médias et ceux-ci ne disent rien des raisons de ces protestations. Pourtant, la majeure partie de la population vit dans le besoin et c'est pour cela que beaucoup veulent émigrer clandestinement vers les pays développés.
Le gouvernement et le système politique ne fonctionnent pas. Il est centraliste, corrompu, discriminateur, exploiteur et ignore les besoins de la population. Il bénéficie seulement à une minorité de patrons d'entreprises minières et est géré par une mafia composée de personnalités de droite liées au fujimorisme, aux banquiers et à leurs partenaires étrangers. La corruption occupe tous les niveaux. Nous avons un président qui a du sang sur les mains, mais qui n'est pas jugé pour ses crimes. Le vice-président Luis Gampietri a aussi commis des crimes contre les droits de l'homme mais reste en place et la seconde vice-présidente est accusée de corruption et d'appartenir à la mafia Fujimori-Montesinos. Ces 2 derniers sont aussi congressistes, alors que cela est interdit par la Constitution. Le Tribunal Constitutionnel est aussi rempli d'Apristes et de Fujimoristes pendant que leur chef demeure dans une résidence dorée à Santiago de Chile. Mais à part ça, les enquêteurs et les banquiers disent que tout va bien au Pérou et qu'il y a de la croissance économique.
En ce qui concerne la violence, il faut savoir que la pauvreté, l'exploitation professionnelle, le racisme, l'inégalité sont aussi des violences. Visiblement, les autorités ne les voient pas malgré qu'ils en soient responsables. Mais quand la population manifeste, ce sont eux qui sont violents. A Lima, 50.000 personnes sont descendues dans la rue en disant qu'il n'existe pas de dialogue quand le gouvernement les ignore et manipule l'information. Les paysans des départements du Sud du pays protestent contre les prix élevés de certains produits agricoles. Ils protestent aussi l'augmentation du prix de l'électricité alors que les températures sont très basses actuellement. Les maladies respiratoires augmentent et 20.000 travailleurs du secteur de la Santé ont manifesté à Puno. Les mineurs réclament des salaires plus élevés, des assurances contre les accidents, et des droits du travail. Pendant que le Pérou est un des pays leaders dans le secteur minier, un ouvrier gagne 100$/mois pour des journées de 12h. Hier est aussi mort un mineur à cause de la police. Les professeurs de l'école publique réclament une plus grande stabilité professionnelle, de meilleurs salaires et des formations professionnelles. Pendant ce temps-là, le président Alan Garcia a fait voter une loi qui permet des licenciements massifs si les professeurs ne réussissent pas les évaluations. Mais cette loi ne prévoit rien contre la malnutrition des élèves dans les établissements scolaires.
Toutes ces manifestations ont provoqué l'arrestation de 300 personnes, ce qui a été dénoncé comme étant arbitraire par l'APRODEH, l'Association pourles Droits Humains au Pérou. Les médias, à ce moment, préfèrent parler de la Copa America et du championnat de football argentin. Pendant que cette situation préoccupe l'élite économique pour l'image que cela donne du Pérou à l'étranger, les travailleurs pauvres de ce pays doivent continuer à vivre dans des conditions misérables. Les indicateurs économiques parlent de croissance. Depuis les USA, l'ex-président Alejandro Toledo se félicite de la politique qui porte ses fruits, mais personne ne signale que ce succès ne bénéfice pas à la très grande majorité des travailleurs.
L'instabilité politique et économique n'est pas fomentée par des groupes socialistes ou communistes, comme le prétend le vil président péruvien. Cette situation résulte de l'état colonial de la Nation. Et malheureusement, il n'existe aucune ombre de changement dans la classe politique actuelle, il n'y a pas de volonté d'améliorer nos vies, sinon celles des plus riches.
Tant que ce système d'oppression continuera, la population continuera d'user de son droit de se faire entendre. Mêmesi les médias et le gouvernement continuent à les nier. La réalité ne peut être cachée, et le gouvernement devra dialoguer avec son peuple avant que la violence n'augmente. Il est dommage que nous arrivions à de tels extrêmes mais la situation est grave. En espérant qu'il ne soit pas trop tard ...
Ce qu'il se passe au Pérou.
J'ai lu et entendu les autorités et les différents médias péruviens sur les récents évènements qui se déroulement actuellement au Pérou. Ils accusent les profs, ouvriers, mineurs et agriculteurs de violence. Selon le journal "El Comercio", ces gens seraient "contre le pays". D'autres médias accusent les professeurs d'être terroristes, communistes et responsables d'actes de vandalisme. A la TV, on annonce la mort de policiers à cause des manifestants. Alan Garcia et ses ministres expriment leur rejet de ces grèves et du chaos généralisé. Certains politiciens expriment aussi que ces évènements affectent le tourisme. D'autres essaient de mettre en relation ces mouvements avec ceux des années 80 et 90.
Il s'agit donc de discréditer le mouvement par tous les moyens, et souvent ceux-ci sont dégoûtants.
Il est difficile de déchiffrer ce qu'il se passe actuellement au Pérou, mais une chose est claire : la majorité des Péruviens veulent plus et ne sont pas contents de la situation actuelle. Il est aussi clair qu'il existe 2 camps dans cette crise séparés par leurs intérêts et leur composante raciale. Pendant que dans la partie pauvre, les indigènes et la population noire réclament plus de droits sociaux, civiques et plus de respect des règlements du travail, d'autres personnes les répriment avec arrogance et mépris. La négation de la réalité s'exprime dans les médias et ceux-ci ne disent rien des raisons de ces protestations. Pourtant, la majeure partie de la population vit dans le besoin et c'est pour cela que beaucoup veulent émigrer clandestinement vers les pays développés.
Le gouvernement et le système politique ne fonctionnent pas. Il est centraliste, corrompu, discriminateur, exploiteur et ignore les besoins de la population. Il bénéficie seulement à une minorité de patrons d'entreprises minières et est géré par une mafia composée de personnalités de droite liées au fujimorisme, aux banquiers et à leurs partenaires étrangers. La corruption occupe tous les niveaux. Nous avons un président qui a du sang sur les mains, mais qui n'est pas jugé pour ses crimes. Le vice-président Luis Gampietri a aussi commis des crimes contre les droits de l'homme mais reste en place et la seconde vice-présidente est accusée de corruption et d'appartenir à la mafia Fujimori-Montesinos. Ces 2 derniers sont aussi congressistes, alors que cela est interdit par la Constitution. Le Tribunal Constitutionnel est aussi rempli d'Apristes et de Fujimoristes pendant que leur chef demeure dans une résidence dorée à Santiago de Chile. Mais à part ça, les enquêteurs et les banquiers disent que tout va bien au Pérou et qu'il y a de la croissance économique.
En ce qui concerne la violence, il faut savoir que la pauvreté, l'exploitation professionnelle, le racisme, l'inégalité sont aussi des violences. Visiblement, les autorités ne les voient pas malgré qu'ils en soient responsables. Mais quand la population manifeste, ce sont eux qui sont violents. A Lima, 50.000 personnes sont descendues dans la rue en disant qu'il n'existe pas de dialogue quand le gouvernement les ignore et manipule l'information. Les paysans des départements du Sud du pays protestent contre les prix élevés de certains produits agricoles. Ils protestent aussi l'augmentation du prix de l'électricité alors que les températures sont très basses actuellement. Les maladies respiratoires augmentent et 20.000 travailleurs du secteur de la Santé ont manifesté à Puno. Les mineurs réclament des salaires plus élevés, des assurances contre les accidents, et des droits du travail. Pendant que le Pérou est un des pays leaders dans le secteur minier, un ouvrier gagne 100$/mois pour des journées de 12h. Hier est aussi mort un mineur à cause de la police. Les professeurs de l'école publique réclament une plus grande stabilité professionnelle, de meilleurs salaires et des formations professionnelles. Pendant ce temps-là, le président Alan Garcia a fait voter une loi qui permet des licenciements massifs si les professeurs ne réussissent pas les évaluations. Mais cette loi ne prévoit rien contre la malnutrition des élèves dans les établissements scolaires.
Toutes ces manifestations ont provoqué l'arrestation de 300 personnes, ce qui a été dénoncé comme étant arbitraire par l'APRODEH, l'Association pourles Droits Humains au Pérou. Les médias, à ce moment, préfèrent parler de la Copa America et du championnat de football argentin. Pendant que cette situation préoccupe l'élite économique pour l'image que cela donne du Pérou à l'étranger, les travailleurs pauvres de ce pays doivent continuer à vivre dans des conditions misérables. Les indicateurs économiques parlent de croissance. Depuis les USA, l'ex-président Alejandro Toledo se félicite de la politique qui porte ses fruits, mais personne ne signale que ce succès ne bénéfice pas à la très grande majorité des travailleurs.
L'instabilité politique et économique n'est pas fomentée par des groupes socialistes ou communistes, comme le prétend le vil président péruvien. Cette situation résulte de l'état colonial de la Nation. Et malheureusement, il n'existe aucune ombre de changement dans la classe politique actuelle, il n'y a pas de volonté d'améliorer nos vies, sinon celles des plus riches.
Tant que ce système d'oppression continuera, la population continuera d'user de son droit de se faire entendre. Mêmesi les médias et le gouvernement continuent à les nier. La réalité ne peut être cachée, et le gouvernement devra dialoguer avec son peuple avant que la violence n'augmente. Il est dommage que nous arrivions à de tels extrêmes mais la situation est grave. En espérant qu'il ne soit pas trop tard ...
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