Dark side of the capitalism

Publié le par El Nino


Demain 11 mars 2003 se produira un évènement culturel comme on en voit rarement à Lima. Une célébrité mondiale, quoiqu'un peu moins flamboyante que par le passé, viendra se produire dans la Cité des Rois. J'ai nommé : Roger Waters! Eh oui l'ex-leader de Pink Floyd va passer à quelques kilomètres de chez moi pour nous éblouir avec les chansons issus de "Dark Side of the Moon", l'album phare de Pink Floyd. Pour rappel, cet album a à peu près battu tous les records. Sorti le 24 mars 1973, il a été vendu à 34 millions d'exemplaires (énorme pour l'époque !), et est resté 741 semaines dans le TOP200 du Billboard américain ! Comme la musique de l'album, cette performance semble sortir d'un autre monde, et on ne peut qu'être heureux pour ce groupe de rock progressif que je considère comme le meilleur de tous les temps et tous les genres.

J'ai en effet commencé à aimer Pink Floyd il y a une dizaine d'années, un peu tard malheureusement. Je ne collectionne pas vraiment tous les albums, singles, concerts, photos, ... mais j'ai un énorme respect pour ce groupe qui n'aurait jamais dû disparaître. Voir la vidéo de "Money" au Live 8 de 2005 m'émut comme rarement quand on parle de musique, sentiment qui ne sera égalé que lorsque je pourrai voir Pearl Jam (mon autre groupe fétiche) en concert.

Jusque là, rien de bien spécial lié à la "réalité péruvienne". Le problème, c'est que votre serviteur qui aimerait bien aller voir ce concert ne peut pas. D'abord, le boulot. Ensuite le prix. Et c'est là qu'on se rend compte que d'anciens "rebelles" qui ont critiqué le matérialisme dans les années 70 ne sont plus vraiment en colère contre le monde actuel et sa musique commerciale. En effet, le prix minimum pour assister à ce concert est de 133 soles et le maximum est de 800. A titre de comparaison, vous pouvez aller manger dans un restaurant de taille fort honorable à 2 avec 133 soles. 800, c'est à peu près la moitié de mon salaire mensuel.  Horriblement cher donc ... Et c'est pour tous les concerts ainsi, et pas seulement au Pérou.
D'une manière générale, l'accès à la culture est très restreint au Pérou car les livres sont aussi chers, les CD, DVD, et autres outils technologiques. Tout cela parce que les prix sont alignés sur le marché occidental mais que les salaires ne suivent pas. C'est aussi ça le capitalisme.

Quand comprendra-t-on que le développement d'un pays passe par une éducation gratuite et un accès universel à la culture ? Je suis fâché de voir que la Direction de l'Alliance Française de Lima augmente ses prix pour emprunter un livre ou un support audio/vidéo. Non seulement, le Pérou (et d'une manière générale toute l'Amérique Latine) est une société élitiste, mais on ne supprime pas cette tendance, on l'accentue.
Le Président péruvien, et tous les laquais des imbéciles ignorants de Washington ont vraiment décidé de rendre les gens cons comme eux en se prosternant devant les grandes compagnies transnationales qui font payer très cher l'accès aux droits humains les plus fondamentaux. C'est sans doute voulu pour qu'on ne se pose pas de questions sur notre monde actuel et rendre impossible la révolte.
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Publié dans Histoire & Culture

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