"Necesitamos apoyo !"

A n'en point douter, des organisations s'apprêtent à envoyer de l'aide matérielle dans les régions les plus touchées après le tremblement de terre de Pisco qui a fait toujours à l'heure où j'écris ces lignes 437 morts. Les pompiers annoncent plus de 500 morts, mais ce n'est qu'un chiffre officieux, qui sera sans doute confirmé parce que les opérations de comptage des morts ne sont certainement pas finies. De plus, on annonce 2000 sans-abris dans la région de Huancavelica, le département le plus pauvre du Pérou. Certaines petites villes y sont détruites de 30% à 50%. Le chiffre devrait donc encore augmenter.
L'aide internationale s'organise donc. Dans l'ordre inverse chronologique, on peut voir les dépêches attestant de cette aide sur le site du journal El Comercio. Ainsi donc la BID annonce un don de 200.000 dollars. On peut faire des dons aussi au Canada, aux Etats-Unis, et en Espagne. Le gouvernement allemand donnera plus de 250.000 dollars au gouvernement péruvien. José Miguel Insulza, le secrétaire général de l'OEA, a exprimé toute sa solidarité avec le Pérou et a promis de l'aide humanitaire et financière. L'Argentine prépare son premier avion rempli de médicaments et sa communauté péruvienne s'organise pour envoyer de l'aide financière. L'Espagne enverra des machines productrice d'eau potable pouvant alimenter 3000 personnes par jour. La Commission Européenne enverra 1 millions d'euros. D'une manière générale, les pays d'Amérique du Sud dont les premiers à envoyer de l'aide et un avion bolivien est déjà arrivé sur les lieux avec du matériel et des vivres. La liste de l'aide humanitaire est longue. Quant à nous, on a été donner 20$. J'ignore si c'est suffisant, mais c'est déjà mieux que rien.

Vers 15h00, j'ai un peu regardé la TV nationale qui, au contraire des TV privées, fait un bon boulot, comme par exemple permettre aux gens de s'exprimer pour que des parents habitant les zones sinistrées donnent signe de vie. En effet, ils n'ont toujours aucun nouvelle. Mais ce qui m'avait le plus frappé, ce sont les gens qui étaient plantés dans un stade à San Andres de Pisco, près de la mer. Ces personnes ont tout perdu après que la mer a envahi leurs maisons à la suite d'un petit tsunami. Leur maison est inondée. Quand le journaliste leur demande quel message ils veulent transmettre, c'est toujours le même : "Nous avons besoin d'aide, et celle-ci n'arrive pas. Les policiers ne font rien, nous n'avons ni à manger ni à boire, et nous devons nous organiser nous-mêmes avec ce que nous avons ! Il n'y a aucune coordination, nous sommes abandonnés et personne ne vient nous aider !" Un des ministres présents sur place, Rafael Rey a demandé aux gens de "rester tranquilles". Ce type est une ordure proche de l'Opus Dei, un des plus grands défenseurs de l'exploitation et de la flexibilisation. Laurence Parisot à côté, c'est une bolchévique !
Bref, une fois de plus, les beaux discours semblent n'être que des mots, et cette situation me fait penser à celle de Mexico en 85 (86 ?) où les gens ont dû se débrouiller eux-mêmes. A l'heure actuelle a commencé la deuxième nuit, dans une ambiance froide (on est en plein hiver), sans eau, sans presque rien. Pendant ce temps-là, Alan Garcia a demandé aux riches Limenos "d'ouvrir leur coeur". Ce type qui essaie de récupérer la situation pour remonter dans les sondages continue de montrer sa face de sinistre personnage. Veuillez me pardonner si je politise un peu trop la situation, mais si une gestion d'un tremblement de terre se fait dans de mauvaises conditions, alors on est bien en droit de critiquer les autorités. Bref, après la tristesse, c'est bien la colère qui pourrait s'installer.
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