L'odyssée du Machu Picchu
Voici un billet qui risque de provoquer des réactions légèrement opposées. Et ce n'est qu'une bonne chose, parce que ça permettrait d'avoir l'interprétation et le point de vue d'un maximum de gens. On pourrait alors imaginer en faire une synthèse. Personnellement, je vais essayer d'exprimer mon point de vue la plus objective et claire possible, mais je n'affirme certainement pas détenir la vérité. J'essaie juste d'analyser les choses.
Dans un article paru aujourd'hui dans l'édition en ligne du journal Peru21, est relayée l'opinion d'un touriste espagnol sur l'odyssée qu'il a vécue pour arriver au Machu Picchu. Je vous traduis et livre donc ses pensées :
Voici donc ma réflexion suite à cette liste de critiques. Tout d'abord, quand je viens dans un pays étranger, j'essaie de mettre au maximum au placard mes conceptions européennes du service à la clientèle et aussi ma manière de voir. Il est évident qu'un Européen ne réfléchit pas comme un Latino-américain. De même, nous n'avons pas la même histoire, la même économie, la même politique. Et même s'il y a beaucoup de choses à critiquer par rapport à ce que je vois ici, il faut, à mon avis, toujours se demander pourquoi les choses sont ainsi. Je vais donc reprendre point par point les critiques de ce touriste et y répondre de la manière la plus objective possible. Ensuite, je terminerai par une réflexion d'ordre général.
Je regrette aussi que la presse péruvienne, liée aux capitaux espagnols bien sûr, relaie ce genre d'informations publiées d'abord dans un blog. Cela démontre qu'il existe une auto-flagellation chronique au Pérou et cette soumission aux critiques de l'étranger. Seulement voilà, les étrangers peuvent aussi largement balayer devant leur porte pour leur comportement méprisant dans les pays étrangers, se déplaçant dans ses pays comme des dominateurs. Ils peuvent aussi se poser beaucoup de questions sur le service à la clientèle dans leurs pays alors que la situation y est aussi beaucoup plus stable économiquement, politiquement et socialement parlant. Comment peut-on exiger de la part d'un pays pauvre un service équivalent aux nôtres ? Toutes les semaines, nous pouvons aussi lire des gens se plaignant des compagnies aériennes, des compagnies d'assurrance, des banques, des opérateurs de téléphonie et d'Internet, et d'autres secteurs.
Bien sûr qu'il existe des problèmes concernant le service à la clientèle au Pérou, mais je trouve très mal poli de la part d'un étranger faisant partie d'une nation colonialiste de venir faire ce genre de critiques (de plus largement fausses) alors que son pays ne respecte pas tellement mieux les gens, et encore moins les ressortissants des pays latino-américains.
Dans un article paru aujourd'hui dans l'édition en ligne du journal Peru21, est relayée l'opinion d'un touriste espagnol sur l'odyssée qu'il a vécue pour arriver au Machu Picchu. Je vous traduis et livre donc ses pensées :
- Le touriste a dû chercher plusieurs heures pour trouver l'information afin de se rendre au Machu Picchu.
- A sa grande surprise, le coût du voyage en train pour 120 kilomètres est de 80$, ce qui représente une fortune pour un pays comme le Pérou. De plus, le train est lent, vieux et ne respecte pas les horaires.
- Personne n'informe les touristes et il se forme des files énormes dans lesquelles les gens se bousculent et où on ne respecte pas les files.
- Le coût du voyage en bus entre Aguas Calientes (la vallée au bas du MC) et la cité Inca est de 12$ pour une durée de 5 minutes.
- Le touriste, étudiant, n'a pas pu faire valider sa carte d'étudiant lui permettant de payer à moitié prix l'entrée au Machu Picchu.
- Dans le site, il n'y a pas de panneau informatif, de services publics, ou de poubelles.
- D'une manière générale, le service est mauvais, le prix est élevé, manque d'informations pour les passagers de Peru Rail, et aussi discrimination entre Péruviens et étrangers.
Voici donc ma réflexion suite à cette liste de critiques. Tout d'abord, quand je viens dans un pays étranger, j'essaie de mettre au maximum au placard mes conceptions européennes du service à la clientèle et aussi ma manière de voir. Il est évident qu'un Européen ne réfléchit pas comme un Latino-américain. De même, nous n'avons pas la même histoire, la même économie, la même politique. Et même s'il y a beaucoup de choses à critiquer par rapport à ce que je vois ici, il faut, à mon avis, toujours se demander pourquoi les choses sont ainsi. Je vais donc reprendre point par point les critiques de ce touriste et y répondre de la manière la plus objective possible. Ensuite, je terminerai par une réflexion d'ordre général.
- Je suis très surpris par le fait que ce touriste ait dû chercher pendant des heures une bonne information concernant le Machu Picchu. Il existe des dizaines de petites et grandes agences de voyages le long de la Plaza de Armas de Cuzco et aussi dans les autres rues de la Ville Impériale. Moi-même et ma famille, nous avons obtenu directement de la part de l'hôtel où nous étions des informations sur un tour de la Ville de Cuzco, la Vallée Sacrée et le Machu Picchu. Evidemment, c'était leur business, mais j'ai été informé. Mais je ne comprends pas comment on peut ne pas pouvoir s'informer dans ces agences de voyages qui viennent faire leur promotion en vous harcelant quasiment sur la Plaza de Armas de Cuzco. Le prix est fixe pour tous les touristes, et donc soit le touriste ment, ou exagère, ou n'a pas fait fonctionner son cerveau.
- Le prix est effectivement cher, mais je me souviens d'avoir payé 60$ pour la classe normale. D'autres classes, plus luxueuses offrent des billets à 90$ et 360$. Je me demande donc d'où vient ce prix de 80$. Pour ce qui est du service, il est effectivement criticable pour sa lenteur, mais n'oublions pas aussi que nous sommes à 3000m d'altitude. Il faut par exemple savoir qu'avec toute la technologie dont dispose la SNCF, le TGV Paris-Milan circule à pas plus de 100 km/h (contre 40 au Pérou) dans les Alpes. C'est peut-être 60 km/h de plus, mais c'est aussi un pays différent, avec une histoire et une économie différentes.
- C'est probablement un des points les plus vrais, dans le sens où les files ne sont pas très respectées au Pérou. Mais je me souviens qu'en Europe, dans les trains bondés de navetteurs, ce n'est pas tellement mieux. Combien de fois ai-je failli m'énerver sur les navetteurs montants ne laissant pas sortir les navetteurs descendants ? Sommes-nous vraiment plus civilisés ?
- Cette critique est totalement fausse. La durée du trajet en bus est de 30 minutes. Quant au prix, je ne me souviens plus précisément, mais je suis étonné par ce prix de 12$. Il me semble me souvenir de 20-25 soles, ce qui correspondrait à 6-8$. Une belle différence donc.
- Le problème de validation des cartes ou diplômes n'est toujours pas résolu, c'est certain. Mais encore une fois, fait-on mieux en Europe ? Et si un étudiant péruvien venait en Espagne, serait-il mieux servi ?
- Je ne peux l'affirmer à 100%, mais il me semble avoir vu un panneau informatif. Quant aux services publics, ils existent (toilettes, ...). Les poubelles ... Oui, est-ce vraiment nécessaire ?
- Concernant la discrimination, l'article n'en précise pas le sens. Etant donné que j'ai déjà lu d'autres articles sur le sujet où les étrangers se plaignaient de la différence de prix pour les étrangers (60$) et les Péruviens (10$), je me dis que c'est bien les Européens qui se plaignent. La critique est alors là hypocrite parce que les Péruviens voyagent debout ou assis par terre, serrés, dans le noir et à la merci des voleurs alors que les étrangent vivent dans la sécurité, et assis.
Je regrette aussi que la presse péruvienne, liée aux capitaux espagnols bien sûr, relaie ce genre d'informations publiées d'abord dans un blog. Cela démontre qu'il existe une auto-flagellation chronique au Pérou et cette soumission aux critiques de l'étranger. Seulement voilà, les étrangers peuvent aussi largement balayer devant leur porte pour leur comportement méprisant dans les pays étrangers, se déplaçant dans ses pays comme des dominateurs. Ils peuvent aussi se poser beaucoup de questions sur le service à la clientèle dans leurs pays alors que la situation y est aussi beaucoup plus stable économiquement, politiquement et socialement parlant. Comment peut-on exiger de la part d'un pays pauvre un service équivalent aux nôtres ? Toutes les semaines, nous pouvons aussi lire des gens se plaignant des compagnies aériennes, des compagnies d'assurrance, des banques, des opérateurs de téléphonie et d'Internet, et d'autres secteurs.
Bien sûr qu'il existe des problèmes concernant le service à la clientèle au Pérou, mais je trouve très mal poli de la part d'un étranger faisant partie d'une nation colonialiste de venir faire ce genre de critiques (de plus largement fausses) alors que son pays ne respecte pas tellement mieux les gens, et encore moins les ressortissants des pays latino-américains.
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