Humilité comme mot d'ordre
Le comportement de certains étrangers au Pérou et plus généralement en Amérique Latine est parfois plus critiquable : il est à vomir ! Je me souviens d'un petit dialogue que j'ai entendu entre une touriste états-unienne et une indigène vendeuse dans un petit marché de San Pedro de Atacama, Nord du Chili :
(La touriste regarde les produits)
- Touriste : "Cuanto es ?" (Combien ça coûte ?)
- Indigène : Une somme que j'ai oubliée, mais exprimée en espagnol.
- Touriste (un peu déstablisée) : "Excuse me, do you speak english ?"
Ce genre de conversation, démontrant le surréalisme de certains guides touristiques vous donnant quelques traductions de phrases toutes faites, devrait être affichée dans toutes les agences de voyages de l'Europe, des Etats-Unis, et de l'Australie. On pourrait citer d'autres exemples, encore bien plus révoltants comme ces touristes américains (encore eux !) répondant à des enfants péruviens qui quémandaient quelques soles (monnaie péruvienne) : "Fuck off !" Qu'ils ne viennent pas pleurer après s'ils se prennent des avions dans la tronche ...
Je n'oublie pas aussi les journalistes français qui arrivent en Amérique Latine sans connaître un traître mot d'espagnol. Pour communiquer, ils utilisent alors le français ou l'anglais, et forcément ont des contacts avec une frange de la population qui s'exprime dans une de ces 2 langues, et qui par voie de fait, appartient à une classe ne représentant pas la majorité de la population. C'est pour ça que les articles de la presse française sur l'Amérique Latine sont presque totalement exécrables.
Mais si je vous parle de cela, c'est parce que hier, j'ai eu une réaction dont je ne suis pas fier. Et que j'aimerais corriger à travers ce blog. Alors que j'avais demandé à mes élèves de raconter la vie d'une personne proche d'eux, une a terminé son exposé sur sa grand-mère en disant "qu'après le coup d'Etat de Fujimori, elle s'est sentie plus tranquille". Sur le moment, j'ai été un peu choqué. Mais elle a ajouté : "Oui, après le coup d'Etat, le terrorisme a disparu". Evidemment, tout cela pose la question du débat de l'autoritarisme et du terrorisme. Cela n'est pas mon propos ici. Après tout, je n'étais pas au Pérou à ce moment-là et c'est une histoire que je ne connais pas. Donc, je n'ai pas à juger. Je suis étranger dans un pays très compliqué, au passé compliqué, et avec des moeurs tout à fait différentes. J'ai évidemment une opinion très négative sur Fujimori (et c'est un euphémisme !), comme beaucoup de Péruviens actuellement. Mais je ne pense pas que je puisse me permettre de dire à ces gens comment ils doivent penser par rapport à ces évènements-là parce que je ne les ai pas vécus au plus profond de ma chair.
Je demande donc à tous les potentiels touristes qui voudraient un jour visiter le Pérou et plus généralement l'Amérique du Sud d'y venir avec beaucoup d'humilité par rapport à un mode de pensée radicalement différent, et en pensant que l'histoire y est douloureuse, qu'elle suscite des passions et qu'il vaut mieux réfléchir avant de dire quelque chose sur un sujet sensible.
(La touriste regarde les produits)
- Touriste : "Cuanto es ?" (Combien ça coûte ?)
- Indigène : Une somme que j'ai oubliée, mais exprimée en espagnol.
- Touriste (un peu déstablisée) : "Excuse me, do you speak english ?"
Ce genre de conversation, démontrant le surréalisme de certains guides touristiques vous donnant quelques traductions de phrases toutes faites, devrait être affichée dans toutes les agences de voyages de l'Europe, des Etats-Unis, et de l'Australie. On pourrait citer d'autres exemples, encore bien plus révoltants comme ces touristes américains (encore eux !) répondant à des enfants péruviens qui quémandaient quelques soles (monnaie péruvienne) : "Fuck off !" Qu'ils ne viennent pas pleurer après s'ils se prennent des avions dans la tronche ...
Je n'oublie pas aussi les journalistes français qui arrivent en Amérique Latine sans connaître un traître mot d'espagnol. Pour communiquer, ils utilisent alors le français ou l'anglais, et forcément ont des contacts avec une frange de la population qui s'exprime dans une de ces 2 langues, et qui par voie de fait, appartient à une classe ne représentant pas la majorité de la population. C'est pour ça que les articles de la presse française sur l'Amérique Latine sont presque totalement exécrables.
Mais si je vous parle de cela, c'est parce que hier, j'ai eu une réaction dont je ne suis pas fier. Et que j'aimerais corriger à travers ce blog. Alors que j'avais demandé à mes élèves de raconter la vie d'une personne proche d'eux, une a terminé son exposé sur sa grand-mère en disant "qu'après le coup d'Etat de Fujimori, elle s'est sentie plus tranquille". Sur le moment, j'ai été un peu choqué. Mais elle a ajouté : "Oui, après le coup d'Etat, le terrorisme a disparu". Evidemment, tout cela pose la question du débat de l'autoritarisme et du terrorisme. Cela n'est pas mon propos ici. Après tout, je n'étais pas au Pérou à ce moment-là et c'est une histoire que je ne connais pas. Donc, je n'ai pas à juger. Je suis étranger dans un pays très compliqué, au passé compliqué, et avec des moeurs tout à fait différentes. J'ai évidemment une opinion très négative sur Fujimori (et c'est un euphémisme !), comme beaucoup de Péruviens actuellement. Mais je ne pense pas que je puisse me permettre de dire à ces gens comment ils doivent penser par rapport à ces évènements-là parce que je ne les ai pas vécus au plus profond de ma chair.
Je demande donc à tous les potentiels touristes qui voudraient un jour visiter le Pérou et plus généralement l'Amérique du Sud d'y venir avec beaucoup d'humilité par rapport à un mode de pensée radicalement différent, et en pensant que l'histoire y est douloureuse, qu'elle suscite des passions et qu'il vaut mieux réfléchir avant de dire quelque chose sur un sujet sensible.
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