Huaraz (1)

Publié le par El Nino

Il y a plus de 2 ans, quand je vivais encore à Piura, certains membres de la famille de ma femme m’avaient montré des photos de la région de Huaraz. Des photos de neige, de paysages, de nature. Le pied pour moi. C’est alors que je découvris en lisant dans des livres péruviens et sur Internet que cette région contient un parc naturel protégé, centré sur le plus haut sommet du Pérou, le Nevado Huascaran. C’est à ce moment que je me suis écrié en pleine journée, alors qu’il faisait 35° : « Je veux aller au Huascaran ! » Mais à l’époque, c’était impossible à cause de notre situation.

Plus de 2 ans ont passé maintenant. La situation a changé : ma femme et moi avons un travail, mais une petite sortie de cette ville de fous qu’est Lima nous est indispensable. C’était ça le but : prendre l’air ! Alors, on a cherché des endroits où aller, pas trop cher si possible. Moi, obsédé par mon idée d’aller à Huaraz, j’ai finalement convaincu ma chère et tendre, un peu hésitante, d’aller dans cette région. Et au final, Ce serait presque encore elle qui a été le plus émerveillée. Non pas que je n’ai pas aimé, mais ma femme s’est montré tellement expressive à ce sujet que les choses paraissent claires. Et elle d’ajouter à plusieurs reprises : « Tu vas réaliser ton rêve ».

Mon rêve, oui, je l’ai réalisé. 2 jours de sortie, mais 4 heures ont été suffisantes pour me faire comprendre que j’étais dans un autre monde.


L’arrivée et le changement d’air


Nous sommes arrivés à Huaraz vers 5h30 du matin le vendredi 6 avril. Ce fut directement l’assaut des conducteurs de taxis. Nous arrivâmes au gîte d’Arturo et Laure, le couple franco-péruvien, à 6h. La Maison de Uchuyacu se situe à 12 kilomètres sur la route se trouvant dans le fond du « Calejon de Huaylas » (Le Corridor de Huaylas en français). Cette vallée se situe entre la Cordillère Noire côté Pacifique, et Cordillère Blanche côté Oriental. C’est à l’Est que les choses sont intéressantes : des pics enneigés, des lagunes, des glaciers, des cascades, des ruines archéologiques, la Nature quoi.
Arrivés à 6h, nous nous sommes affalés dans un lit douillet mais froid pendant 1h30. Ensuite, vers 7h30, nous nous sommes réellement levés pour prendre un petit déjeuner, et faire connaissance avec le couple et les enfants, Antonio et Lorena. Antonio est gentil mais un peu pleurnichard parfois. Lorena est mignonne comme tout et semble comprendre tout ce que sa mère dit en français. Premières discussions sur la région, sur le pays, et notamment sur cette histoire de mines à La Oroya où, selon Arturo, « toute la population est contaminée par le plomb parce que le directeur refuse d’investir dans la sécurité ».


(L'entrée du gîte)


Notre matinée, nous l’avons donc passée dans Huaraz, mais aussi sur les hauteurs, au Mirador. De là, une vue impressionnante sur la ville, véritablement ancastrée dans le Calejon. Pour y arriver, à moins d’être habitué à l’altitude, un taxi s’impose. Et là, il faut déjà saluer l’amabilité des Huaracitos : des habitants nous ont gentiment arrêté un taxi et épaulé pour négocier le prix de notre transport, avec le sourire, et le plus spontanément du monde. Révélation. Le taxi, quant à lui, s’est engagé à monter au mirador, sans rechigner.
Franchement, je connais plein de taxis en Belgique, France, et même à Lima qui refuseraient de grimper cette route-sentier, plein de cailloux. Un truc innommable de 15 minutes qui vous détruit les pneus, les amortisseurs, toute la résistance de la voiture. Il y a des gens au Pérou qui sont prêts à se plier en quatre pour vous servir. Parfois, c’est d’ailleurs gênant. Comme je le faisais remarquer à mon pote Arno, j’ai parfois plus que l’impression que certains servent mieux les touristes étrangers que leurs propres compatriotes. Autre exemple : le taxi nous a spontanément proposé de nous prendre en photo. Autre révélation. J’étais à Huaraz, plus à Lima.



(Entre les montagnes, Huaraz)


Le Musée pour seule déception


La descente nous a menés au Musée Archéologique de Huaraz. Intéressant, mais les guides n’étaient pas professionnels, et pour cause, c’étaient des gosses de 15-20 ans ! Je vous jure que je n’exagère pas. Ma femme pourrait vous confirmer, on avait vraiment l’impression d’avoir en face de nous des bébés à qui on avait enfoncé dans le crâne de l’information juste pour satisfaire les visiteurs. Si on posait une question, elles s’affolaient les pauvres. Et pour être débarrassée le plus vite possible de leur fardeau, elles montraient les objets à une vitesse phénoménale. Bref, en 20 minutes, nous avions terminé le musée alors qu’il y a des dizaines de choses à observer. Difficile de dire pourquoi c’est ainsi, mais il est probable que le musée demande à des gamines de faire le boulot parce qu’elles seront moins bien payées. De toute façon, ceci est tout à fait anormal, et on comprend mieux le manque de culture de ce pays qui regorge pourtant de joyaux. Vraiment triste !
Vers 12h, nous avions rendez-vous avec Arturo, car Patricia voulait acheter du fromage de la région. Nous nous sommes ainsi rendus dans le marché couvert de Huaraz, un truc assez immense et plein d’odeurs pas toujours agréables. C’est aussi là que nous avons pu confirmer l’amabilité des gens de Huaraz. Pour vendre leurs produits, ils n’hésitent pas à vous offrir par exemple une tranche de fromage, et ils en redonnent sans rechigner pour que vous soyez certains que vous avez pris le bon produit. Le comportement du taximan et du fromager ont été exactement les mêmes : serviabilité, sourire, mais aussi politesse avec un « Bonjour » et « Au revoir » qui ont sonné les plus sincères du monde. Il faut croire que cette spontanéité ont d’ailleurs été communicatifs, puisque timidité oblige, je suis parfois froid à la détente. Là, ce fut différent car je m’exprimais plus franchement sur les choses.


Même les combis sont plus agréables !


Venu l’heure du dîner, nous avons été manger un menu sympa dans le centre-ville, pour pas cher mon frère, et encore une fois avec ce sourire qui caractérisait déjà pour moi la population de Huaraz. En pensant à tout cela, je me sentais ému. Je vis presque tout le temps dans ce que j’appelle « cette ville de merde » qu’est Lima, et je vois des gens complètement froids, arrogants, suffisants. Je suis choqué par leur comportement, par leur assurance. Ici, j’étais à l’autre extrême. J’étais en réconciliation avec la société. Cette volonté d’aider les autres, je l’ai même rencontré dans le systèmes des combis provinciaux. Dans la région, même si on reste entassé comme des sardines comme à Lima, le receveur est beaucoup plus net et n’essaie pas de vous arnaquer. Là, pas de stratagèmes pour gagner un maximum de pognon. Et donc, à la recherche du bon combi pour nous rendre aux bains thermaux de Monterrey, un de ces receveurs, à qui on demandait si son bus allait au bon endroit, nous a signalés 4 fois où se trouvait celui qui allait à Monterrey. A Lima, ça les aurait ennuyé. A Huaraz, non. J’étais sur un nuage ! Et donc, nous voilà parti pour les bains thermaux. Le temps d’entrer et de se relaxer pendant une vingtaine de minutes dans une eau bien chaude, on était déjà dans un autre combi pour rentrer au gîte. Il était 14h30. On était crevé. A 15h00, on était de nouveau dans le lit pour enfin récupérer notre courte nuit de bus. Patricia s’exclamait encore devant les paysages qui s’offraient à nous de notre chambre. Au fond du jardin, le Rio Santa, bien agité en cette fin de saison des pluies, nous rappelait que nous sommes dans une région où la Nature est reine.




Après une sieste bien reposante, nous sommes descendus dans la pièce de séjour pour discuter avec nos hôtes. C’était la fin de l’après-midi. Pendant toute la soirée, on a discuté de tout et de rien, mais surtout de l’Alliance Française, des aventures de Laure et Arturo, de nos aventures.
On a conversé ainsi pendant plusieurs heures. On avait décidé de rester à la maison le soir pour manger. A 21h30, ce fut « tout le monde au lit ». Je commençai à souffrir du mal des montagnes, et pendant la nuit, vers 3h, je fus réveillé, n’en pouvant plus de ce marteau qui cognait ma tête. Heureusement, une pilule avalée, je retrouvai le sommeil.


Publié dans Voyage et Nature

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emma 22/04/2007 23:18

Superbe région, il semblerait :-)
Le fils de mon instituteur primaire y a  bossé qlq tps ;-)
A planifier un jour ..on verra quand je passerai....
 
Merci Yves :-)
Encore une chouette nouvelle péruvienne et réelle