Aznar, l'Espagne, et l'Amérique Latine

Publié le par El Nino


Les relations entre l'Espagne et l'Amérique Latine sont très spéciales depuis très longtemps, et cela pour une seule raison : la colonisation. Les latino-américains ont une opinion globalement négative de l'Espagne. En cause, les nombreuses multinationales comme Telefonica, Repsol, les banques style BBVA, mais aussi les compagnies aériennes Iberia, Air Madrid, et Air Comet. Aussi, les autorités espagnoles n'ont jamais vraiment bien traité les ressortissants d'Amérique Latine. Le Ministre bolivien des Affaires Etrangères, David Choquehuance a déclaré que "les citoyens boliviens étaient maltraités à l'aéroport de Madrid-Barajas."  (Source : Rebelion)

Toutefois, il existe une différence entre les intérêts espagnols et la population. Une enquête sur les relations entre l'Espagne et l'Amérique Latine vient d'être réalisée par La Fundación Carolina y el Centro de Investigaciones Sociológicas. Et elle révèle des résultats assez étonnants et positifs pour les dirigeants dits de gauche en Amérique Latine.
D'abord, 52% des Espagnols ne s'estiment pas suffisamment informés pour pouvoir s'exprimer sur le sujet, ce qui démontre qu'il y a un problèmes avec les médias. Ensuite, le classement des présidents qui paraissent le plus stimuler le développement de leur pays en Amérique Latine montre que c'est le président brésilien Lula qui mène la danse devant Evo Morales et Hugo Chavez. Suivent Michele Bachelet, Nestor Kirchner et ... Fidel Castro. En fait, le dirigeant cubain est devant n'importe quel dirigeant officiellement néo-libéral dans le classement. Le président colombien Uribe est derrière, les autres ne figurant pas dans la liste.


Autre réponse très intéressante est celle sur les moyens pour en finir avec la pauvreté. Pour 38%, des Espagnols, il faudrait purement et simplement supprimer la dette externe des pays d'Amérique Latine, auxquels viennent s'ajouter 28% des personnes mais ajoutant "qu'il faut des conditions" (Celles-ci ne sont pas précisées).
Enfin, 33% des Espagnols pensent que les nationalisations pratiquées dans certains pays sont légitimes contre 32 qui pensent que c'est un manque de respect envers le capital étranger. Le reste ne se prononce pas.


Cette enquête révèle clairement que malgré la démonisation de certains présidents de gauche dans la presse espagnole (El Pais, El Mundo, ...), la population espagnole ne voit pas forcément d'un mauvais oeil certaines décisions controversées dans la communauté internationale. Cela montre qu'il y a clairement de l'espoir.

Cette enquête va sans doute faire enrager quelqu'un qui a des contacts plus qu'étroits avec le monde de la finance, des médias-mensonges et des bellicistes : José Maria Aznar.
Dans un document nommé "America Latina : una agenda de libertad", l'ancien Premier Ministre espagnol donne ses directives pour une gouvernance
"stable" et dénonce "les ennemis de l'Occident" : les mouvements indigènes, les terroristes, et les altermondialistes. Le texte, long de 98 pages dénonce donc cette alliance de "haine", entre les djihadistes islamistes, les manifestants anti-mondialisation, les populistes indigénistes, et les fanatiques religieux.
Le document écrit par Aznar est largement diffusé par une organisation nommée la FAES (Fondation pour l'Analyse et les Etudes Sociales), une institution qui est présente dans toute l'Amérique Latine, avec des antennes notamment à Mexico, où le PAN (Parti d'Action Nationale) essaie d'établir des connexions avec de jeunes étudiants motivés par les idées de José Maria Aznar. Ce dernier a fustigé "l'indigénisme raciste", qui menace la liberté et la démocratie en Amérique Latine, mais a aussi critiqué les présidents Hugo Chavez et Fidel Castro pour être de sinistres totalitaires.

Source : Enquête

Publié dans Amérique Latine

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tissiane 02/04/2007 01:56

Je suis arrivée sur votre blog grâce aux mises à jour de blogonautes.com   Comme quoi les annuaires de blogs ont leur efficacité!

tissiane 02/04/2007 01:19

Je découvre avec un réel intérêt ce blog. J'ai vécu au Vénézuéla  il y a longtemps et j'avais enseigné à l'alliance française quelques temps mais en ce temps là les blogs n'existaient pas, dommage!