Statut des employés de maison : humanisme ou démagogie du gouvernement ?

Publié le par El Nino


Je me permets de rappeler l'article que j'ai publié au début de ce blog à propos des employé(e)s de maison. Vous pouvez le relire ici.

Le gouvernement péruvien semble vouloir attacher un peu d'importance au problème, encore qu'il faille faire attention, puisqu'il ne semble pas tenir ses promesses. Mais la Ministre du Travail et de Promotion de l'Emploi, Susana Pinilla, a déclaré que le gouvernement allait faire des inspections "maison par maison" pour voir si les droits des employé(e)s sont respectés. Selon un article de Peru21, ceux-ci travaillent 60 heures par semaine, et n'ont aucun accès la sécurité sociale, aux congés, aux primes de fin d'année et de vacances et aux arriérés (dénommés comme étant CTS ici). Selon la Ministre, ces travailleurs, au nombre de 665.000 au Pérou, ne connaissent pour la plupart pas leurs droits, raison pour laquelle cette situation perdure. On peut remarquer que cette déclaration entre en contradiction avec la manifestation organisée il y a 1 mois sur les plages du Sud de Lima. C'est pourquoi il faut donc prendre toutes ces mesures avec beaucoup de précaution. Après tout, aucun gouvernement néo-libéral n'a réellement pris à bras le corps les conditions de travailleurs les plus sous-prolétarisés, surtout quand la droite conservatrice raciste et néo-fasciste est derrière pour faire valoir les droits des employeurs.
Un des aspects les plus honteux, c'est que sur ces 665.000, 110.000 sont des enfants. Oui, vous avez bien lu ! Il faut évidemment rappeler que le Pérou fait partie des pays signataires de la Convention des Droits de l'Enfant. Mais comme bien souvent au Pérou et ailleurs, les Droits restent lettre morte. Par exemple, à Cuzco, des enfants circulent dans la rue pour mendier à la place des parents. Un exemple de maltraitance de l'enfant est la situation dans la montagne ou la jungle où l'enfant est envoyé chez le "parrain" ou la "marraine" afin qu'il puisse avoir des opportunités d'études, mais est très vité récupéré pour faire des tâches ménagères. Il ne sort alors plus pour s'épanouir, et a tout juste de quoi manger. Ses aspirations sont ainsi complètement frustrées.

Quelle que soit l'intention réelle du gouvernement, on peut donc voir que le statut des employé(e)s de maison relève plus de l'esclavage que d'autres choses. Reste à voir maintenant si le gouvernement va vraiment faire des inspections "maison par maison". Etant donné la discipline, l'honnêteté et l'argent que cela demande, on est en droit de questionner cette volonté car aucun gouvernement de ces 30 dernières années n'a jamais voulu remettre cela en cause, pas même durant le premier mandat d'Alan Garcia, où sa position fut moins réactionnaire que l'actuelle.

Publié dans Politique & Economie

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Michèle 28/09/2007 13:58

Je suis sidérée !Lu sur le blog :   http://lilialmostthere.blogspot.com/2007/09/le-mot-du-jour-protesta.htmlSur le trac que distribue le syndicat PUCP il est quand même indiqué entre autre que certains travailleurs qui ont un contrat depuis 8 ans sont toujours payés 770 soles par mois (autrement dit environ 190€, et même si le pouvoir d'achat n'est pas le même ici, c'est une misère) alors qu'un ejecutivo est payé 12 000 soles, et que certaines autorités administratives de la PUCP enferment les travailleurs pour les obliger à signer leur renoncement aux bénéfices sociaux... Pas le genre de revendications dont tout un chacun peut dire, "de quoi ils se plaignent encore..."