Les bruits de tambours appellent nos coeurs

Publié le par El Nino

Je viens de lire un article publié sur le site Rebelion et j'aimerais vous le traduire. Je le ferai partiellement parce qu'il est assez long et parfois difficile.


Dans ces moments tragiques postérieurs au tremblement de terre qu'a du souffrir la région de Ica, il me vient à l'esprit des souvenirs que j'ai gardés lors de mon passage dans cette ville. Mes souvenirs les plus lointains remontent à l'époque où mes parents m'emmenaient à Paracas dans cette merveilleuse station balnéaire. Il m'en reste sa lumière, son soleil, ses gens et leurs sourires.
En Janvier 1991, L'association Régionale des Journalistes Libérateurs Wari m'ont nommé "partenaire honoraire" pour avoir défendu les Droits Humains. C'était à l'époque de la dictature et beaucoup de ces journalistes avaient été persécutés.
En 2001, je suis retourné à Ica à l'Ecole Académique Professionnelle de Communication Sociale de l'Université Nationale de Ica. Après un voyage chaotique où le réservoir d'essence se trouvait sur le toit du bus, je suis arrivé au petit matin et on m'a directement emmené au marché central de Ica où les gens m'ont invité à dejeuner un ceviche, des moules, des têtes de poisson et du citron. Après la première bouchée, j'étais réveillé et je pouvais enfin partir pour mon tour des radios et accorder des interviews.
Durant mes conférences, j'ai pu observer des gens avides de connaissances malgré leurs très maigres ressources. Ils n'avaient pas de cybercafés mais ils voulaient connaître le futur du journalisme dans l'êre numérique.
Des étudiants de l'université de Madrid avaient voyagé avec moi pour réaliser des séminaires et partager les misères et les joies des gens de la région. Je leur ai demandé qu'ils m'aident à aller à Chincha pour pouvoir jouer de ces fameux tambours et en rapporter ainsi à Madrid pour y jouer de la musique afro-péruvienne. Les gens de Chincha m'ont alors déclaré "citoyen d'honneur", mais ils m'ont aussi emmené dans les quartiers pauvres où résident les descendants de ces esclaves noirs qu'avaient utilisé l'Espagne pour son vice-roi du Pérou. J'ai eu droit à un festival de danses locales et de marinera. On a ensuite terminé la visite dans une de ces caves à vin où on boit le meilleur pisco du monde, un aguardiente du 15° siècle ! J'ai encore au-dessus de mes meubles une bouteille souvenir de cet évènement.
Ces gens étaient toujours heureux, malgré les pénuries. Ils avaient toujours la musique dans le sang. Aujourd'hui, ils m'écrivent, m'appellent et me racontent leur douleur. Ils ont tout perdu. Leur maison, leur emploi, leurs biens. Mais il leur reste le sourire, la musique et ce mouvement tellurique des hanches qui fait que leur sensualité et leur sensibilité sont à fleur de peau. Aujourd'hui, ils ont besoin de notre solidarité.

Pepe Mejia, journaliste, membre d'ATTAC (
pepemejia@inicia.es )

Publié dans Séisme 15 août 2007

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arno 19/08/2007 17:48

on ne connaitra sans doute jamais ces villes sous cet aspect là...