Perou, culture mondialisée, pays exproprié

Publié le par El Nino


Voici un texte que Emma m'a signalé et qui résume les évènements de juillet 2007 :

Une exception culturelle exceptionnelle

De l'Inca est né le Péruvien, dilué par la sanglante conquête espagnole menée par Pizzaro le long des côtes pacifiques jusqu'à Cusco où il fit de Tupac Amaru un guerrier-prisonnier converti à Jésus Christ. Cusco 2007. Le Machu Picchu fut élu nouvelle merveille du monde, site qui compte aujourd'hui 2000 visiteurs journaliers venus de la cité Inca où l'on ne parle pas Quechua mais Anglais. Où les articles d'artisanat locaux remplissent les sacs de ces touristes venus du monde entier refusant la nourriture préparée in sitio et consommant l'eau embouteillée par Coca Cola. Où l'entreprise chilienne PeruRail encaisse en dollars les billets de train menant au pied de la montagne sacrée, demandant réservation et pré-réservation. Où la majorité des Péruviens ont voté pour faire d'une cité impériale qu'ils ne connaissent pas une marée touristique. Cet e-mail alors reçu comme un message de bienvenue par cette pieuvre se définissant comme outil de développement. Mais pour qui ?... Ceci parce que Pérou est un des peuples les plus chaleureux qu'il soit. Fier de sa spécificité et de son histoire pré-hispanique, entre panchos colorés, alpaga et chicha.... Parce que la culture péruvienne est unique dans sa richesse et son authenticité. Parce que tout comme l'or il y a 500 ans, c'est le Quechua que les "Conquistador" sont venu chercher cette fois-ci....

Juillet 2007, quand le Perou se souvient Péruvien


FACA, SUTEP, FRDAA... autant d'organisations et syndicats qui ont réveillé le Pérou dans une lutte sociale émergée depuis les années 80-90, années d'inflation, d’appauvrissement et de mondialisation. Et aujourd'hui, une fois de plus, ce sont l'éducation et la situation des populations paysannes qui constituent le coeur de cible : salaires, crédits accordés à l'éducation, prix des produits agricoles, condition d'exercice de la culture de la terre.. soutenue par quelques fronts de la population civile comme à Arequipa ayant pu brièvement nous rappeler à Oaxaca... Le Pérou s'est donc rappelé en pleine saison touristique que son élite politique est une "fille de joie-oligarque" de l'empire et que les promesses de Garcia ne furent que promesses. Celles-ci mêmes pour lesquelles Garcia lui-même s'est aussi soigné de son amnésie par son discours de rédemption lors de la dernière fête nationale promettant une fois de plus d'éradiquer une pauvreté persistante et grandissante : "je demande à tous, spécialement aux plus pauvres, de nous appuyer et de donner une trêve à leur colère historique pour remplir ces objectifs". Il parle d'un "pacte social" pour améliorer les salaires des travailleurs et éliminer l'analphabétisme qui touche près de 2,5 millions de personnes. Hors, la majorité des péruviens vit de l'économie informelle et aucune institution n'est pour le moment capable de pouvoir assurer cette faille éducative surtout que l'ensemble des moyens définis par Garcia vont être accordés aux régions dans un système de décentralisation défaillant et alors que le parti au pouvoir ne préside que 2 institutions régionales. On peut donc s'attendre lors du prochain 28 juillet 2008 à un discours rejetant l'échec sur ces régions majoritairement de l'opposition... Aujourd'hui au Pérou la pauvreté touche près de 50% de la population et pain, fertilisant et essence sont plus chers qu'hier. Le pétrole du Pérou, lui, ne se souvient pas d'être péruvien.

USA, tu n'as pas oublié le continent latin


On connaît son implication en Colombie. On la connaît moins au Paraguay. On l'imagine au Venezuela. Elle existe au Pérou. Dans son histoire récente, la "collaboration" entre le gouvernement US et le Pérou s'est vue renforcée. Lors des dernières élections, l'opposition à Humala, le candidat nationaliste et anti-capitaliste péruvien, s'est vue accorder de nombreux crédits pour le lancement d'accusations de violation des droits de l'homme. Avant cela, il était un des favoris à la présidence du Pérou. L'USAID (Agence pour le Développement des USA) est donc montée au créneau pour que le 15 février 2006, à quelques semaines de l'ultime échéance, Humala soit accusé de crimes de guerre lorsqu'il était au commandement d'une base militaire en 1992. Les faits n'ont pas été vérifiés mais l'ONG accusatrice, la Coordinatrice pour les Droits de l'Homme, est financée depuis de nombreuses années par le gouvernement américain : USAID et NED en tête... La NED (National Endowment Democraty) est une agence créée par Reagan au début des années pour développer certaines actions de la CIA de manière plus ouverte. Son montage est celui d'une organisation non gouvernementale mais comme son nom ne l'indique pas, elle est financée par le Congrès américain après votation de ses crédits. Son organigramme est défini en parité par les partis républicain et démocrate qui dirigent et financent aujourd'hui plus de 6000 organisations politiques et sociales à travers le monde comme "Reporters sans Frontières", la "Fondation Jean Jaurès" ou la "Fondation Robert Schuman" ... Mais les élections ne sont pas l'unique préoccupation puisqu'il s'agit avant tout de rentabiliser cet investissement. Et quoi de plus direct que la signature d'un accord de libre échange patientant depuis quelques temps maintenant et qui doit se concrétiser en septembre prochain après de nombreuses discussions avec le Congrès américain due à la loi générale du travail qui pour le monde de l’entreprise est un "attentat contre le modèle économique néo-libéral qui demande de la flexibilité professionnelle et des syndicats faibles qui ne peuvent pas impulser une négociation collective au sujet des salaires et des normes de travail". Cet accord de libre échange est une copie parfaite de nombreux déjà signés dans le monde entier qui condamnera le Pérou à rester un pays qui vit de la vente de ses richesses naturelles. "Avec la signature de ce traité se concrétise l'esclavagisme du Pérou envers les Etats Unis".

Source : Radio Chango

Publié dans Politique & Economie

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Serge 17/09/2007 17:30

Qui peut sauver le Pérou?

Tony 15/08/2007 16:23

Juste une nuance que je souhaite apporter :Ne pas confondre "mondialisation" et "globalisation" !