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Réalité péruvienne

"Pour Péruaniser le Pérou, il faut soudre les profondes racines historiques de notre nationalité : savoir valoriser ce qui est précieux dans notre culture, faire que ce qui est nôtre soit à nous. Lutter pour que le Pérou redevienne lui-même et surpasser notre séculaire aliénation"

(José Carlos Mariategui)

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Par El Nino - Publié dans : Société & Vie quotidienne
Vendredi 6 juillet 2007
Aujourd'hui, 6 juillet, c'est la fête des profs au Pérou. J'ignore si cette date existe en Belgique ou en France, et de toute façon, ça tomberait au début des vacances. A croire que les profs sont mieux traités au Pérou qu'en Europe. Cela m'étonnerait très fort au vu de ce que j'ai pu remarquer. Mais bon, ça n'empêche les autorités de l'AF de nous avoir offert un agenda électronique l'année passée (mais oui !), agenda que je n'ai presque jamais utilisé faute de besoin. Mais c'était vraiment un cadeau très sympa, et je me demande ce qu'on aura cette année. Une augmentation peut-être ? (Faut pas rêver).
Aujourd'hui, pour finir de planter le décor avec cette fête, je mentionnerai que j'ai regardé quelques extraits du "Maître d'école" avec Coluche. En effet, dans un document audio prévu par la méthode, on écoute un extrait sur l'organisation scolaire française. Alors, pour étoffer cela, quelques petits passages de ce sympathique film m'ont paru intéressants. Je sais bien que c'est un film de 1981, mais je n'allais pas leur passer "Les Sous-doués" non plus !!! Et puis, ça donne déjà une idée.
Constatation assez intéressante, ils trouvent le directeur assez sévère, surtout avec son "Musée Grévin" (Ah il va falloir se le repasser, si vous avez perdu la mémoire), sa voix de militaire, sa fermeté. D'ailleurs, une élève m'a demandé si "on était à l'armée". On voit bien là les différences culturelles : moi, je vois ce directeur certes comme quelqu'un de strict, mais je me souviens du directeur de mon école primaire qui était sacrément autoritaire. A l'école secondaire, c'était un petit nain, peut-être respecté, mais sans grand charisme (Mon frère, lecteur assidu de ce blog, va peut-être rigoler parce qu'il le connaît aussi).
Autre constatation, c'est l'esprit réfractaire aux baffes. Evidemment, les giffles, je n'aime pas trop ça. Et je peux comprendre qu'on trouve cela scandaleux au Pérou. Ici, l'éducation est plus entouré d'affection, et les parents laissent plus faire, trop faire même. Quand je vois dans les bus comment ça chahute, ça m'énerve un peu. Et c'est la même chose au Chili. D'ailleurs, je signalais que si l'enseignante fouttait une baffe à un étudiant dans lefilm, c'était parce qu'il s'était moqué d'elle. Visiblement, ça n'avait pas l'air d'émousser leur conviction. Vous savez tous, à travers mes billets sur l'enseignement, que les étudiants, surtout ceux des écoles privées, ne pourraient pas supporter qu'on les maltraite. Ce qu'on a en Europe, à savoir les réactions des parents, va être ici décuplé "parce que nous sommes clients, Monsieur". Comme je le dis si souvent, on peut être aussi clients dans un zoo mais respecter les règles et ne pas plonger dans la fosse aux lions. Ok, la comparaison n'est pas parfaite, mais ça illustre un peu. De toute façon, ça n'empêche pas l'enseignant d'appliquer son autorité d'une autre manière. Par exemple, on s'est moqué une fois de moi, et j'ai recalé sans pitié. Le respect, ça s'apprend. Une collègue m'a raconté un petit échange avec une gamine du cours adolescent :

- P : Comment tu t'appelles ?
- E : Que ? (sur un ton mal élevé, et en espagnol donc).
- P : Comment tu t'appelles ?
- E : (S'adressant à une voisine) Que dice ? --> Qu'est-ce qu'elle dit ? (Toujours sur un ton mi-mal poli, mi-méprisant)
- P : Bon, sors !
- E : Que ?
- P : Sale ! (Sors, en espagnol)

Résultat, tous les élèves ont fait de grands yeux, et ont tous donné leur nom et leur âge, sans rouspéter.

Bon, la lutte ne fait que continuer, camarades !
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