L'écologie au Pérou

Publié le par El Nino

Quelques mots sur l'écologie car depuis quelques semaines, je parviens à mieux cerner le degré de sensibilité écologique des Péruviens à travers mes cours.
Le problème du réchauffement climatique est évidemment central et je profite de l'occasion d'avoir un cours approprié (où on parle de sciences quoi) pour passer le film d'Al Gore (avec toutes les réserves d'usage, bien sûr).Il apparaît qu'en fait certains élèves sont interessés, mais comme de coutume, les jeunes n'en ont rien à cirer. Pourtant, je n'ai pas l'impression qu'il faut satisfaire le besoin de farniente de certains et je pense que le professeur a aussi une mission éducative sur le plan "moral".
Il est un fait certain que les plus adultes commencent à être renseignés sur le sujet, mais on peut néanmoins nuancer en disant que ce qui intéresse le plus les gens d'un point de vue écologique, c'est la gestion et la préservation des ressources naturelles, en ce compris la faune et la flore. Je dis cela parce que j'ai une deuxième arme lors de mes cours "scientifiques" qui est une vidéo sur le tigre de Sibérie. Cela semble un peu plus passionner les foules, sans doute parce que moins technique, mais aussi simplement de part la beauté du tigre. Les débats qui s'engagent autour de la préservation des espèces semblent plus profonds que celui sur la préservation de la planète entière à travers une "lunette" climatique. Cela est probablement dû au fait que c'est avant tout la biodiversité qui a une importance au Pérou, grâce bien évidemment à la forêt amazonienne, mais aussi à toutes les espèces typiques du Pérou (notamment la vigogne, vivant dans les Andes). 
Donc, l'écologie est un sujet qui fait timidement surface. On peut donner quelques raisons à ce lent intérêt pour la cause écologique. D'abord, tous les problèmes connus sous l'ère Fujimori. A une époque où certains pays européens incluaient dans leur coalition des partis Verts, le Pérou se battait avec un dictateur. Difficile dans ce cas-là de parler de glaciers qui fondent. Evidemment, on notera aussi que le Pérou est un pays en voie de développement, et le terme  de "croissance" est beaucoup plus populaire que le terme de "écologie", puisque ceux-ci sont assez difficilement compatibles. Evidemment, le système reproduit aussi sa propre pensée, et il faut un changement au niveau des médias et des écoles pour que la sensibilisation démarre. Cela commence tout doucement, mais l'Etat péruvien peine à prendre le problème à bras le corps. Il y a bien l'INRENA (Institut National de Ressources Naturelles) qui tire parfois la sonnette d'alarme sur la fonte des glaciers mais son budget est limité (comme beaucoup d'organismes publics d'ailleurs). Enfin, il existe aussi les parcs nationaux, mais le centralisme et la corruption enrayent le système.
Un espoir toutefois : lors des présidentielles de 2006, un homme, Peter Koechlin (sisi, il est péruvien) s'est présenté pour défendre la cause écologiste. Mais je n'irai pas jusqu'à dire qu'il était bien puisque je n'en sais pas plus sur lui actuellement. Désolé, Cat ...

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Cécile 05/02/2013 15:09


Je me demande vraiment l'intérêt de vouloir sensibiliser des jeunes sur les problèmes écologiques, lorsque il n'y aucune prise de position politique dans le pays. L'écologie concerne d'abord des
choix de sociétés, un investissement global c'est seulement ensuite qu'on peut avoir une prise sur les individus, non ? Enfin c'est un questionnement que je mène et auquel je suis confrontée dans
mes études, j'aimerais avoir plus d'éléments pour y réfléchir. Peut-on vraiment faire porter ce genre de projets par des élèves ?


Si personne ne trie les ordures par exemple, si aucune structure n'est là pour ce type de prise en charge, ce n'est pas quelques individus qui vont pouvoir changer leurs comportements du jour au
lendemain, envers et contre tout. Dans ces cas là, un engagement politique et citoyen en lien avec des assos me semblerait plus pertinent. On peut certainement mener une réflexion bien sûr, mais
si la découverte de l'écologie reste abstraite pour les élèves, s'ils ne peuvent s'investir dans aucun geste au quotidien ?

El Nino 21/06/2007 04:31

Je ne suis même pas sûr qu'il y ait un ministère de l'environnement au Pérou tiens. Déjà que le Ministère de la Culture est remplacé par l'Institut National de Culture.

@tom 21/06/2007 02:47

Même chose au Chili, où l'on parle beaucoup de croissance que d'environnement. Ceci dit, le film d'Al Gore a eu des échos ici, notamment chez les jeunes (ce qui font des études, donc une minorité).  Mais dans un pays qui vient juste de créer un ministère de l'environnement, il y a beaucoup à faire

El Nino 20/06/2007 21:01

Pas bu de Pisco depuis au moins 2 mois. En fait, c'est chercher les gens à qui envoyer et mettre leur url qui me rendait comme ça.Je sais, c'est con.

Tony 20/06/2007 20:45

Tu pêux dire que c'est le Pisco ;-) on t'en voudra pas !