Au Pérou, il n'y a pas de liberté d'expression

Publié le par El Nino

Par Tankar Rau-Rau Amaru* (tankar2@hotmail.com)

Source : Rebelion

La non-rénovation de la concession de RCTV a entraîné le Pérou dans le débat sur le thème de "la liberté de la presse". Tous se demandent où commence et où se termine la liberté de presse et d'expression.
D'une manière générale, la liberté des citoyens se termine là où commence celle des médias.
Au Pérou, les grandes chaînes de télévision sont au service des transnationales et des oligarchies locales qui ont géré le pays comme si c'était leur ferme. Ils ont dans leurs mains le pouvoir de l'économie, et peuvent donc gérer à leur guise "le quatrième pouvoir", mais aussi le politique et le militaire qui se soumettent au premier (l'argent).
Il y a des chaînes financées par les transnationales des mines. Si, par exemple, un congressiste proteste contre les entreprises minières, la chaîne n'arrêtera pas de le critiquer jusqu'à l'enterrer (idéologiquement parlant). Si un dirigeant d'une communauté affectée par les entreprises minières dénonce la contamination des sols et des rivières, les chaînes de télévision diront que ce dirigeant est "terroriste", "sendériste" (Note : militant du Sentier Lumineux).
Au Pérou, les chaînes de télévision ne remplissent par leur fonction, qui est de défendre la vérité et les intérêts de la majorité, c'est-à-dire des citoyens. Ils se sont transformés en bravaches au service d'intérêts particuliers. Nous avons parlé avec beaucoup de journalistes qui travaillent dans les médias les plus importants du pays. La majorité d'entre eux indique qu'il n'y a pas de liberté d'expression parce qu'ils se soumettent aux décisions des propriétaires de peur d'être licenciés.

Pourquoi alors ces transnationales, qui gèrent plus d'argent que des pays entiers, ont décidé de financer ces médias? Selon Manuel Freitas (Note : Je ne sais pas qui c'est), nous assistons à une nouvelle guerre qui se déroulent dans nos têtes. Ce n'est plus une guerre qui s'exprime par la conquête de territoires, mais par la conquête des cerveaux. L'objectif est de diffuser un message pour la soumission des masses. L'objectif n'est pas de tuer, mais de contrôler. Votre conduite est révisée et contrôlée par des experts en psychologie. Le contrôle de la population se fait ainsi au moyen de propagande et de terreur.
Pourquoi nous parlent-ils à chaque fois de la "résurgence du Sentier Lumineux" alors qu'il n'existe que des groupes armés dédiés à la protection de narcotrafficants? Cela aussi fait partie de la guerre psychologique, appelé "terrorisme médiatique" comme stratégie de manipulation et de contrôle social.

La liberté d'expression au Pérou doit s'écrire entre guillemets. A propos des chaînes de télévision, nous assistons à une dictature informative d'un petit groupe au détriment de la grande majorité. Si nous devons alors parler de démocratie, nous devons créer des mécanismes de défense face à ce groupe qui au nom de "la liberté de la presse" fait un mauvaise usage du spectre radioélectrique.


*Tankar Rau-Rau Amaru est un conseiller municipal dans la région d'Ayacucho, est journaliste et écrivain quechua.

Publié dans Médias

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ElNino 12/06/2007 04:52

Euhh ... Je rappelle que ce blog s'appelle "PERU Real" ;)

Olima 12/06/2007 03:30

"il n'y a pas de liberté d'expression parce qu'ils (les journalistes) se soumettent aux décisions des propriétaires de peur d'être licenciés." Heu... les journalistes péruviens seulement ?

Tony 10/06/2007 07:57

Au Pérou, les grandes chaînes de télévision sont au service des transnationales et des oligarchies locales qui ont géré le pays comme si c'était leur ferme.Au Pérou ?Seulement au Pérou ?