"Joyeux" anniversaire !

Publié le par El Nino

Samedi, c'était l'anniversaire de l'oncle à ma femme. Pour ceux qui le connaissent, c'est celui qui faisait le taxi dans Lima quand on la visitait ou qu'on devait remplir des formalités administratives. Comme dit ma femme : "Il a ses défauts, mais il nous a toujours aidés", tout cela sans parler de ses enfants évidemment qu'il a toujours soignés correctement, malgré les difficultés de la vie.

Je me suis donc retrouvé dans sa maison, samedi après-midi après le boulot, près de l'aéroport. J'étais un peu crevé, et 2 verres de vin rouge à jeun m'ont alors sacrément endormi. Heureusement est venue la boustifaille et je fus comblé. Mais bon, c'est pas pour vous parler de mon état gastro-éthylique que je vous raconte tout ceci, mais parce qu'étant une dizaine de personnes facilement, j'ai constaté que nous avions, nous 3 seuls, décidé d'apporter un cadeau. Et les autres, alors ? Ben, rien, nada, nothing, niks, nichts. Que dalle ! Et ça, cela a le don de m'exaspérer ici. Quand je dis "ici", ce n'est pas le Pérou tout entier, mais une certaine classe de personnes rassemblée essentiellement dans les noyaux urbains. Il faut bien comprendre que la ville au Pérou, c'est la jungle et que l'individualisme y règne comme a régné Louis XIV en France, et comme règne (règnera) Sarkozy dans le même pays. Autre exemple, encore bien plus fort ...
Il y a quelques mois, j'ai été invité à l'anniversaire d'un collègue, un vrai ami lui. Quelqu'un en qui j'ai une totale confiance et qui se dévoue pour tout le monde. Un coeur d'or, une crème, un "pata" comme on dit ici. Et dont on profite de trop, comme d'habitude ... Donc, ce soir-là, je me suis rendu dans un quartier relativement aisé  pour ses 24 ans. Comme d'habitude, on était les premiers. Bien évidemment, nous avions apporté un cadeau, et nous avons été servis très aimablement par la mère et on a conversé avec la famille qui était tout aussi aimable. Peu à peu sont arrivés les amis. A la fin, ils devaient bien être une trentaine.

Alors, je vous pose la question : "A votre avis, combien de personnes ont apporté un cadeau ?

ZERO !!!! 

Je suis sorti dégoûté. Cela est d'autant plus scandaleux que certaines personnes qui n'étaient pas invitées sont venues quand même, et la mère de mon ami a dû se décarcasser pour leur donner à manger. Je vous laisse imaginer la quantité de bouffe à préparer pour une trentaine de personnes (ils étaient même peut-être plus nombreux, mais au minimum 30 personnes).

Pour revenir au cas de l'oncle, il faut quand même souligner que ses propres enfants n'ont rien offert, sans oublier les belles-filles alors qu'ils viennent d'agrandir la maison pour permettre à leurs petits-enfants de jouer dans un espace qui leur est totalement réservé. Cet oncle qui leur a offert un maximim pour vivre pas trop mal, cet oncle qui a aidé ma femme à financer ses études mérite un minimum de respect. Mais malgré cela, je constate que beaucoup de trop de gens, foncièrement égoïstes, rechignent à accorder du respect à leur famille. Pour un pays qui est fort attaché aux valeurs familiales, je trouve cela un comble. Evidemment, on peut trouver certaines excuses pour les plus pauvres, mais je pense qu'il est toujours possible, d'une manière ou d'une autre, de ne pas profiter des autres. Une marque de sympathie, d'amitié, d'amour, ça n'a pas de valeur. J'ai moi-même signalé à ma femme que je n'accepterais plus dans ma maison des gens pareils après qu'ils sont restés une heure chez moi lors d'une fête d'anniversaire, uniquement venus pour s'empiffrer. La tante de ma femme était gênée de voir de tels comportements. La "meilleure" amie de ma femme s'est permise, elle, à plusieurs reprises de ne pas venir à un dîner uniquement organisé pour elle, et tout cela sans téléphoner. On avait acheté une bouteille de vin, on avait cuisiné sympa, et on l'a attendu comme ça durant 2 heures. Hier, elle s'est fendue d'un courriel comme quoi elle est en dépression, "qu'on devait l'appeler" (Pourquoi nous ?) et qu'elle regrettait ce qu'elle avait fait. On se demande ce qu'elle a comme prétexte pour les autres fois alors. Et puis le coup de la dépression, je connais.

Donc voilà, à part vous emmerder avec les petits problèmes personnels, je disais cela aussi pour dire que certaines personnes faisant partie d'une classe individualiste et égoïste s'en fouttent pas mal des principes et ne pensent qu'à eux-mêmes. Heureusement, il existe le monde rural qui sait partager.

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Olima 06/06/2007 23:38

Salut les gaulois ! ça fait du bien de vous retrouver. Je vous ai dénichés par hasard sur le web, et je reviendrai. je pense qu'il y a plusieurs facteurs: nous débarquons dans un pays dont les moeurs, l'histoire, les origines, la culture, l'éducation sont complètement aux antipodes de ce que nous avons pu absorber chez nous. Vivre à l'étranger, c'est observer et fermer sa gueule, c'est essayer de comprendre, et non pas comparer. Bref, c'est ce que je me disais au début, tout content de faire qlq chose d'intéressant dans ma vie, c'est à dire de me barrer de France, j'en avais marre des têtes de cons skotchés devant TF1. Au début... mais peu à peu, j'ai cessé de fermer ma gueule... l'automobiliste qui passe à deux orteils de mes pieds se prend un mollard sur les vitres ou un coup de pied sur la portière, j'ai cessé d'attendre mes rdv comme un con plus de 10 minutes, j'envoie chier les suce-cierge qui sonnent à ma porte ou qui m'arrêtent dans la rue, je raccroche le premier en disant huevón quand je reçois un appel téléphonique erroné, c'est vrai quoi, ils ne disent jamais pardon ! et, surtout, quand j'invite quelqu'un, j'ai bien fait comprendre à ma femme qu'il n'y a qu'un service, si on arrive en retard, -la belle soeur arrive à 3 ou 4 heures !- il y a un chifa -qui fait chier mou- derrière. Quand un taxi me pose trop de questions sur ma vie, je m'amuse à dire des conneries. On n'est jamais passé devant vous alors que vous attendiez sagement que le type ou la vieille de la bodega ne vous serve? faites comme moi, "oye, disculpa pero hay cola"....Qu'est-ce qu'on se sent mieux ! heu... je tiens un blog moi aussi mais il est chiant à côté des votres! à pluche

ElNino 05/06/2007 18:30

Vous avez peut-être raison. J'ai parfois l'impression d'être totalement déconnectée de la réalité de nos pays. Encore hier, je pensais qu'un Mac-Burger machin chose coûtait 5€, une élève me dit 2€ (elle avait été en France récemment).

Serge 05/06/2007 08:07

Hmmm! C'est comme ça partout, malheureusement! Pas qu'au Pérou! Les valeurs se perdent, même les bonnes!

becassine 04/06/2007 23:01

Quelque chose me dit que c'est deja bien integre dans les moeurs urbains ce genre d'attitude qu'il n'y pas de honte de se pointer a la fiesta de quelqu'un qui fete son annive sans meme ramener un peu de bon boire ou de bon manger... C est de bonne guerre ici et meme une simple fete entre potes, on ne s'offusque pas de s'incruster sans rien apporter car celui qui invite c est celui qui apparemment va trimer pour tous.... mais je me trompe peut-etre

ElNino 04/06/2007 21:21

Ben je parlais d'individualisme, de manque de respect, etc ... et je pense que c'est une question de mentalité. Il y a certainement une mauvaise éducation qui nourrit cette mentalité, oui ...