Alan le fasciste ? (2)

Publié le par El Nino

 

Deuxième et dernière partie sur le gouvernement d'Alan Garcia et ses positions hypothétiquement fascistes. Je rappelle la définition du fasciste que vous avez pu trouver dans la première partie :


TheFreeDictionary.com defines fascism as: “A system of government marked by centralization of authority under a dictator, stringent socioeconomic controls, suppression of the opposition through terror and censorship, and typically a policy of belligerent nationalism and racism.”

Other elements of fascism include:

  • Powerful idea of nationalism
  • Powerful executive control in government
  • Lower human rights outlook
  • Military reigns supreme
  • Corporations wield great power
  • Idea that National Security is at great risk to some threat
  • Identifying of enemies/scapegoats that unifies citizens in Patriotism
  • Mass media controlled by State and Corporations
  • Fixed elections
  • Rampant corruption
  • Unlimited power held by police force

  • Identification à la patrie derrière un ennemi commun : Le nationalisme est tellement présent au Pérou que n'importe quelle autre nation étrangère peut vite passer pour un ennemi. Le Chili est évidemment en première position en tant qu'ennemi, et il existe des groupes de part et d'autre de la frontière qui encouragent à la guerre ou favorise les discriminations. Cela est aussi vrai envers l'Equateur, surtout en ce moment où les autorités équatoriennes accusent les Etats-Unis et le Pérou de s'engager parfois dans les eaux territoriales équatoriennes pour des exercices militaires conjoints. Les parties de football sont aussi des moments de grande euphorie patriotique qui peut dégénérer en haine anti-étranger. Toutefois, on ne peut pas dire que cela soit réellement dangereux et belliqueux, mais sous la période Fujimori, ce genre de conflit latent avait dégénéré en 1995 avec un conflit militaire réel entre le Pérou et l'Equateur.
  • Médias contrôlés par l'Etat et les groupes privés : Il ne fait aucun doute pour ce cas-ci que les conditions sont parfaitement remplies. Les médias latino-américains sont d'une manière générale possédés par de puissants groupes privés qui dénoncent n'importe quelle opposition un peu trop radicale (et radicale équivaut à demander une augmentation de salaire en Amérique Latine). Si un dirigeant est considéré comme trop radical, on peut le renverser via un coup d'Etat sanglant. Les dictatures latino-américaines sont là pour le prouver. L'Etat bourgeois peut aussi intervenir pour licencier des journalistes qui recherchent trop la petite bête. Alan Garcia aime aussi cultiver le culte de la personnalité en s'imposant dans les médias, en dictant sa loi et en y dénonçant tous ses opposants.
  • Elections manipulées : Il est difficile de dire ici si les élections sont sous contrôle. Il ne semble y avoir aucun preuve de fraude pour ce qui est de l'élection d'Alan Garcia, mais l'influence des médias a pu paralyser toute possibilité d'alternative réelle. Nous sommes donc toujours dans un cadre certes restrictif, mais pas à proprement parler avec un candidat qui ne peut pas se présenter. On n'a pas facilité la tâche des candidats alternatifs en leur faisant des procès d'intention, mais l'Etat bourgeois n'a pas à proprement parler interdit à un candidat de se présenter, et cela n'est pas récurent.
  • Corruption rampante : La corruption est certainement le plus grand problème de l'Amérique Latine. Cela était plus que vrai sous Fujimori mais cette maladie continue aujourd'hui, et à tous les niveaux : des plus élevés aux plus bas. Il serait impossible d'en faire toute une liste. Tous les jours apportent leur lot de politiciens et utres fonctionnaires corrompus.
  • Police possédant tout le pouvoir : Bien que "les forces de la répression" soient un des bras armés de l'Etat bourgeois dans le monde et plus particulièrement en Amérique Latine, la situation des années 80 et 90 était totalement différente de celle de maintenant. Aujourd'hui, peu de moyens sont alloués à la police, la corruption y est présente, mais aussi la passivité, le manque de motivation dû à des salaires très bas. Les manifestations sont loin d'être systématiquement réprimées, la presse se chargeant de les démoniser. On est donc très loin d'avoir une situation ultra-autoritaire.

En conclusion, le régime d'Alan Garcia est un régime qui économiquement tend vers le fascisme, mais les aspects essentiellement politiques se situent plutôt dans un créneau de "démocratie libérale" avec des élections telles qu'il en existe en Europe Occidentale, avec toutes les réserves de manipulation et d'influence des médias à émettre. Cependant, la situation économique de la majorité des péruviens entraîne des problèmes au niveau des droits civiques favorisés par le système néo-libéral de privatisation. Sur le plan nationaliste et impérialiste, qui est LE principe même du fascisme, nous sommes encore assez loin d'une situation ultra-autoritaire car le Pérou n'est pas une nation à vocation expansionniste, et les moyens armés sont trop limités pour envisager un développement impérialiste dans le futur, sauf en collaboration avec les Etats-Unis qui veulent subvertir les nations rebelles de la région.

Vous voilà donc rassurés ! Maintenant, si vous faites le même exercice avec Sarkozy, vous aurez peut-être un frisson dans l'échine !

Publié dans Politique & Economie

Commenter cet article

Remy 07/05/2007 13:06

Et chez toi Nino, combien ont voté Sarkozy?

Remy 07/05/2007 12:37

Comme prévu Nicolas Sarkozy est le nouveau président... on a 10 jours pour ce tirer de ce pays avant qu'il prenne le pouvoir.Nicolas Sarkozy ne remplit que 2 ou 3 conditions d'un état fasciste...attendons encore un peu.
"Littel Brother is watching you !"comme dirait Orwell.