Les PC

Publié le par El Nino

 

Il y a quelques semaines, le CDH (Centre Démocrate Humaniste), parti social-chrétien belge, avait décidé de récupérer la journaliste vedette de la RTBF, Anne Delvaux. Jolie, assez charismatique, passant bien dans le petit écran, cela devrait servir au CDH.

Aujourd'hui, c'est au tour de Florence Reuters, journaliste vedette de RTL, de passer dans les rangs du MR, le parti de Didier Reynders, l'ami d'un certain Nicolas Sarkozy (et de Silvio Berlusconi). RTL, c'est le TF1 français, la chaîne qui aime racler les fonds de faits divers crapuleux. TF1, c'est les potes à Sarkozy. RTL, les potes à Reynders. La boucle est bouclée.

On attend évidemment des ralliements au PS et en Flandre. Je ne sais même plus comment on appelle en français ces personnalités récupérées par le monde politique, mais en Flandre, on les appelle les "Bekende Vlamingen", donc les "Flamands connus". Ironie ou simple hasard, en espagnol péruvien, on dirait les "Peruanos Conocidos", donc les PC (et non Parti Communiste, Personal Computer ou ... Petit Con).

Je ne vais pas m'étaler longuement sur les personnalités péruviennes qui passent à la TV. D'abord, je ne les connais pas bien car je ne regarde pas la TV, et je m'intéresse encore moins à la vie des stars. Mais il y a néanmoins un cas que j'aimerais brièvement aborder : celui de la famille Meier. Antonio Meier est le nouveau maire de la commune de San Isidro, probablement la plus bourgeoise de tout le Pérou, la plus chère, la plus élitiste. Des gens que j'adore donc ... Antonio Meier est un des représentants du petit parti Renovacion Nacional, dont l'idéologie est clairement de droite conservatrice. Son fondateur, Rafael Rey est notoirement lié à l'Opus Dei. Charmant donc ...

Antonio Meier a largement gagné les élections municipales de novembre 2006 avec plus de 60% des voix. Son programme se basait essentiellement sur le renforcement du caractère résidentiel du district de San Isidro, avec baisse des impôts municipaux et favorisation d'une ambiance d'oasis au sein de la jungle de Lima à travers des mesures drastiques contre les petits commerces. Mais Antonio Meier avait aussi insisté sur le caractère indépendant de San Isidro, déclarant que ce district, placé au centre de la métropole, devait s'émanciper de la mairie métropolitaine. En clair, San Isidro serait sous le joug d'une gestion collective de la ville et qu'elle devrait prendre ses distances par rapport à cette gestion et devrait être indépendante. Il est tout à fait étonnant de penser à cela alors que ce district est le centre névralgique de la ville et que d'une manière plus générale, une ville fait une, et qu'on ne peut "déclarer son indépendance" au sein d'une ville. On fera remarquer que ce genre d'émancipation à caractère sécessionniste autour d'un caractère ultra-bourgeois peut être rencontrée dans d'autres cas, notamment en Amérique Latine : un cas est celui de la région de Santa Cruz en Bolivie, haut lieu de la bourgeoisie bolivienne, et où se trouve les principales réserves d'hydrocarbures. La région veut faire sécession du "gouvernement répressif" d'Evo Morales, au même titre que la région de Zulia au Vénézuéla, où se trouvent de grands champs pétrolifères scandaleusement réappropriés par le non moins répressif régime de Chavez. En Europe, on trouvera aussi le Nord de l'Italie, plus riche que le Sud, et peut-être même la Flandre en Belgique.

Mais où sont les PC là-dedans, me diriez-vous? Eh bien, il faut savoir que le fils d'Antonio Meier s'appelle Christian Meier, acteur péruvien très connu, très beau et qui a dû séduire beaucoup de gens (surtout des femmes) par son physique, son charisme et sa fonction de représentant péruvien à l'étranger. Il a suffi à Christian Meier d'apparaître dans son émission talk-show très populaire qui s'appelle "El Franco-Tirador" pour voir la popularité de son papa monter en flèche, tout cela quelques jours avant l'élection. C'est aussi simple que cela ? Oui. L'animateur est sympa aux yeux de trop de gens à mon goût (férocement anti-Chavez et tout ce qui est progressiste), l'acteur est super-cool, le papa ne peut qu'être sympa. Vous pouvez ajouter quelques mesures démagos, de beaux discours, et le tour est joué. Oubliée l'influence de l'Opus Dei. Et de toute façon, il n'existe aucune opposition pour dénoncer toutes ces magouilles.

A part ça, le président Garcia a déclaré pour le 1er mai que le Pérou allait se transformer en "pays pilote en Amérique du Sud". Sur le plan économique, cela reste déjà à voir; sur le plan démocratique et social, c'est de la pure hypocrisie.

Publié dans Politique & Economie

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